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Mardi 22 septembre 2026 - 15:14
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’exprime lors d’un point de presse, alors que les Nations unies abordent les questions de sécurité internationale et les évolutions diplomatiques. Photo : ONU
NNA News - Les Nations unies ont appelé à la retenue et à la reprise du dialogue politique en Éthiopie après l’annonce par sept groupes armés et politiques d’une alliance opposée au gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed, alors que la reprise des combats et des frappes de drones signalées font craindre pour la solidité de l’accord de paix de Pretoria de 2022.
Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU António Guterres, Stéphane Dujarric, a déclaré lundi que les Nations unies étaient « profondément préoccupées » par la dégradation de la situation sécuritaire, notamment par la formation de la nouvelle coalition et par les informations faisant état d’une insécurité persistante et de frappes de drones. « À un moment de tensions accrues, nous exhortons toutes les parties prenantes à s’abstenir d’actions qui pourraient aggraver encore la situation », a déclaré Dujarric. Il a ajouté : « Nous les exhortons également à s’engager de nouveau dans le dialogue. » « L’action militaire ne réglera pas les divergences politiques ni ne répondra aux griefs sous-jacents », a déclaré Dujarric, en réaffirmant le soutien de l’ONU aux efforts menés par l’Union africaine pour réduire les tensions et faire avancer la mise en œuvre de l’accord de Pretoria.
L’Alliance des forces populaires éthiopiennes pour la survie a été annoncée le 20 septembre. L’alliance réunit le Front populaire de libération du Tigré, le Mouvement national Fano amhara, l’Armée de libération oromo, le Front national de libération de l’Ogaden, le Front uni révolutionnaire démocratique afar, le Mouvement de libération des peuples du Benishangul et le Mouvement démocratique des peuples gumuz. Reuters a indiqué que les groupes restent divisés sur certaines questions territoriales et politiques, malgré leur opposition commune au gouvernement fédéral.
Dans sa déclaration fondatrice, l’alliance affirme : « Nous, forces populaires soucieuses de la survie des peuples d’Éthiopie, portons la responsabilité historique de renverser ce régime. » Reuters a rapporté que l’alliance disait vouloir écarter le gouvernement du Parti de la prospérité et instaurer une administration de transition.
Le gouvernement éthiopien a accusé ces groupes de recevoir un soutien financier de l’Érythrée. La porte-parole d’Abiy, Billene Seyoum, a déclaré que l’alliance collaborait déjà avant son annonce publique. « L’annonce récente ne fait qu’attester ce que le gouvernement éthiopien affirme depuis longtemps », a déclaré Seyoum dans un message cité par Reuters. L’Érythrée a déjà démenti des accusations similaires, et Reuters a indiqué que le ministre érythréen de l’Information n’avait pas répondu dans l’immédiat à sa dernière demande de commentaire.
Le regain de tensions se concentre en partie sur le Tigré, où les forces fédérales et tigréennes auraient été impliquées dans des accrochages. Reuters, citant les données du projet Armed Conflict Location & Event Data, a fait état de plusieurs frappes de drones contre des forces tigréennes ces derniers mois. Le gouvernement fédéral ne s’est pas exprimé publiquement sur ces frappes signalées, tandis que l’armée éthiopienne a indiqué la semaine dernière que près de 300 combattants tigréens s’étaient rendus.
L’Union africaine a déjà exhorté toutes les parties à préserver les acquis de l’accord de Pretoria. En janvier, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé les parties à « faire preuve de la plus grande retenue » et à « régler toutes les questions en suspens par un dialogue constructif », tout en réaffirmant le soutien de l’UA à la pleine mise en œuvre de l’accord.
L’UE et plusieurs gouvernements partenaires ont lancé un avertissement similaire le 26 août, indiquant suivre les développements dans le nord de l’Éthiopie « avec une grande préoccupation » et qu’une reprise de l’affrontement militaire au Tigré serait « dévastatrice » pour une région déjà confrontée à la sécheresse et à d’importants besoins humanitaires. Ils ont également soutenu la reprise des consultations par le haut représentant de l’UA pour la Corne de l’Afrique, Olusegun Obasanjo.
La médiation d’Obasanjo a elle-même été critiquée par des responsables tigréens. Son bureau a rejeté les accusations de partialité le 7 septembre, en déclarant : « Les faits disent le contraire. » Il a ajouté que les affirmations selon lesquelles son action aurait été subordonnée à une seule partie prenante « déforment fondamentalement la nature de son mandat comme la conduite de ses démarches jusqu’ici ».
Les derniers développements placent ainsi la mise en œuvre de l’accord de Pretoria et la médiation conduite par l’UA sous un examen renouvelé, l’ONU, l’UA et les partenaires internationaux continuant d’appeler au dialogue plutôt qu’à une nouvelle escalade militaire.
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